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Les origines de la rentrée littéraire

Tous les ans, entre fin août et début novembre, les maisons d’édition font le lancement de leurs nouveautés. Pourtant, les choses n’en furent pas toujours ainsi et c’est à se demander d’où cette tradition commerciale et culturelle est apparue.

Il est indéniable que les titres sortis lors de cette période de rentrée ont un avantage sur la plupart des autres titres sortis au cours du reste de l’année; d’abord, de retour des vacances, les gens reviennent en librairie, et surtout, le pouvoir du bouche-à-oreille fait boule de neige pour les ventes de Noël.

Cependant, ce n’est qu’une partie de la raison de la rentrée littéraire. La vraie raison est de mettre en bonne place les romans sortis pendant cette période pour les nombreux concours littéraires, car le simple fait d’ajouter un bandeau sur la couverture indiquant que le livre ou l’auteur a été primé fait s’envoler les ventes.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le phénomène de rentrée littéraire est d’abord apparu lorsque Edmond Goncourt a laissé comme consigne à Alfred Daudet dans son testament de décerner un prix « à un ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année ». C’était vers la fin du XIXe siècle. C’est à partir de ce moment que les maisons d’édition se sont mises à sortir leurs publications dans la période entre la fin des vacances estivales et la remise du prix Goncourt. Se sont ensuite ajouté les nombreux autres prix littéraires que nous connaissons. C’est pourquoi les éditeurs privilégient cette période.

Il y a toutefois un phénomène, depuis quelques années, de glissement; depuis quatre ou cinq ans, les éditeurs sortent leurs nouveautés à partir de la mi-août, tandis qu’avant, la rentrée littéraire attendait début septembre pour se mettre en branle. Cependant, cela fait déjà une vingtaine d’années que ce décalage a commencé.

Voilà déjà un moment d’ailleurs que Claude Durand (longtemps à la tête des éditions Fayard et bien connu dans le domaine de l’édition) a suggéré de déplacer la rentrée littéraire au début du mois de juin. C’est un choix logique, à la fois pour des raisons économiques et stratégiques. En effet, au mois de septembre, les parents doivent déjà faire l’achat de nombreuses fournitures scolaires et n’ont pas toujours les moyens de dépenser pour des livres, surtout que le temps des fêtes les attend au détour. Contrairement au mois de juin, où le beau temps arrive, où il n’y a pas de grosses dépenses et où les gens ont envie de lire pour se détendre et profiter de leurs vacances. De plus, cela donnerait la chance à plusieurs romans de passer deux à trois mois en librairie avant d’être retournés plutôt que trois à quatre semaines. Sans compter que les comités de sélection pour les nombreux prix littéraires auraient davantage le temps d’effectuer ladite sélection.

Il y a également une deuxième rentrée littéraire en janvier. Il s’agit généralement de romans récompensés lors des prix littéraires d’automne ou de romans qui ne sont pas des premiers romans.

Pour la rentrée littéraire 2015, il faut s’attendre à 589 romans français et étrangers, une diminution de 3 % par rapport à l’année derrière. (Ces chiffres sont les publications en France uniquement.) Il faut dire que depuis quelques années, le nombre de livres publiés lors de la rentrée littéraire est en faible baisse. Est-ce par que les éditeurs tendent à laisser tomber ce phénomène ou cela tient-il d’un problème à élucider?

Tag(s) : #Dossier

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