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La Justicière : La finale des coupables

(par Marc Aubin, aux Éditions de l’Apothéose)

Marc Aubin n’est pas un homme de lettres. Fondateur de plusieurs entreprises dans le secteur médical, on pourrait plutôt le décrire comme un homme de chiffres. Rien ne l’a empêché, par contre, de profiter de sa jeune retraite pour se donner un nouveau défi : l’écriture.

C’est ainsi que La Justicière voit le jour : une histoire érotico-policière, dans laquelle une meurtrière assouvit ses pulsions sadiques en châtiant les criminels ayant échappé à la justice. Au fil des chapitres, la narration emprunte différents points de vue : tantôt celui de l’équipe d’enquêteurs, tantôt celui des victimes, tantôt celui de la Justicière elle-même. De fréquents retours en arrière s’attardent aux rencontres et aux expériences ayant jalonné le parcours de cette jeune criminelle, et tentent de mieux cibler ses motivations.

Marc Aubin n’a ménagé ni les efforts, ni les moyens pour faire décoller son projet : après avoir engagé deux coachs littéraires, trois réviseurs linguistiques et trois correctrices, son récit est fin prêt. Avant la sortie, toutefois, il veille à distribuer, dans les salons du livre et les librairies, un extrait des trois premiers chapitres. Il se montre également très actif sur les réseaux sociaux, afin de s’assurer d’attiser l’intérêt du public. Au final, il dépense près de 100 000 $ pour la promotion de son roman. Une stratégie qui se révèle plutôt gagnante, puisque le lancement, qui s’est tenu au Centre des Banquets Renaissance de Montréal le 15 mai dernier, a attiré plus de 500 personnes. À la même date, sa page Facebook comptait environ 6 000 abonnés. Elle en dénombre plus de 14 000 aujourd’hui.

La Justicière n’a pas cessé, depuis, de trôner au palmarès des livres québécois qui se sont le mieux vendus cette année. Une version anglophone paraîtra bientôt sous le titre The Executrix : The Hunt Is On.

Certes, le roman de Marc Aubin a le vent en poupe, mais une question reste à soulever : l’œuvre est-elle à la hauteur ?

Hélas, non. L’écriture, malhabile, est un véritable festival de lieux communs et d’expressions éculées. Les dialogues manquent de fluidité et les personnages, de profondeur. L’auteur, vraisemblablement, maîtrise mal les codes du roman policier, et noie le rythme du récit par son incapacité à faire le tri des informations pertinentes. L’essentiel de l’histoire se complaît dans le morbide, la perversité et la violence gratuite, au détriment de l’enquête, qui ne s’avère, tout bien considéré, qu’assez accessoire.

En somme, La Justicière n’est rien d’autre qu’un pétard mouillé, une superproduction périssable qui ne remplit pas ses promesses.

Tag(s) : #Roman

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