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Les Luminaires

(par Eleanor Catton, aux éditions Alto)

Une construction immense, dans une enveloppe tout aussi immense, qui nous plonge dans la Nouvelle-Zélande des chercheurs d’or, en 18xx. Ce livre, de 981 pages, est fabuleux, mais il faut savoir s’accrocher. Divisé en plusieurs parties, avec des chapitres de plus en plus courts au fur et à mesure que le récit avance, comme pour créer un effet de collision, un décompte qui nous mène vers l’inévitable.

Un homme meurt, un autre disparaît et une prostituée y est mêlée d’une façon ou d’une autre. Le tout se produit lors de la même nuit. C’est donc normal que tout le village et les environs se passionnent pour l’évènement. Les cancans vont bon train et tous ceux impliqués, à divers niveaux, se rongent les sangs et se questionnent.

C’est à travers les yeux du nouvel arrivé sur place, Walter Moody, que nous commençons ce récit, alors qu’il tombe pile-poil au milieu d’une réunion secrète regroupant douze membres du village, possédant chacun un morceau de l’histoire et s’étant réunis pour le partager, dans le but de débrouiller l’histoire. Au fur et à mesure que les membres de la réunion se passent le flambeau de l’histoire de l’un à l’autre, on finit par avoir une image globale de la situation, bien que quelques coins sombres demeurent. C’est alors que commence la deuxième partie, où ces coins sombrent s’illuminent, petit à petit, selon que l’on suit tel ou tel membre du cercle. Le tout culminant avec un double procès, dans lequel Walter Moody joue un grand rôle et débrouille bien des éléments.

Le tout avec une pincée d’occultisme, de colonisation, de secrets inavouables, de lourds passés, de politique, de folie et d’amour.

Ce qui est fabuleux, c’est qu’au final, l’on sache le fin mot de l’histoire, ou presque, contrairement à la plupart des personnages, qui eux, en savent plus qu’au début, soit, sans pour autant voir plus que le portrait global; ce qui rend l’intrigue d’autant plus savoureuse.

Sans compter la très magnifique et grandiose plume de l’auteur, avec ses longues phrases pleines d’arabesques et de colifichets. S’ajoute encore à cela une construction des personnages (qui sont multiples, rappelons-le) des plus complètes et variée.

C'est une délicieuse lecture et un mystère sensationnel où se plonger.

Tag(s) : #Roman

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