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Troupe 52

(par Nick Cutter, aux éditions Alto)

Laissez-moi vous parler de Troupe 52, que j’ai pu lire en exclusivité (oui, oui!), mais qui est désormais disponible en librairie.

Ce roman d’horreur est dans le plus pur style des histoires que de jeunes garçons pourraient se raconter autour d’un feu de camp, les soirs d’été. C’est un mélange de Stephen King et de Stranger Things, comme se plaisent à le décrire, semble-t-il, les gens de chez Alto. 

Toute l’histoire se déroule sur la petite île de Falstaff, près de l’Île-du-Prince-Édouard, où se trouve une troupe scoute composée de cinq garçons formant un groupe bien éclectique et dirigé par le chef Tim, unique médecin de North Point. Tim sent bien que ce sera la dernière expédition de cette troupe et est heureux que la tempête annoncée par la météo ne les empêche finalement pas de l’effectuer. Au premier soir de leur sortie, les garçons mis au lit et se racontant des histoires effrayantes, Tim en profite pour se verser un verre de whiskies et, le buvant sur la galerie, aperçoit un homme accoster sur leur île. Serment d’Hippocrate oblige, Tim se dirigea vers lui pour l’aider et, malgré tout ce qu’il sentait dans ses tripes lui hurlant le contraire, le ramena à la cabane pour tenter de l’aider. Le lendemain matin, il envoie les garçons en randonnées et tente d’aider le mystérieux homme débarqué la veille. Lorsque les garçons reviennent, Tim demande l’aide de l’un d’entre eux afin d’opérer l’homme, sachant pourtant au fond de lui que c’est une erreur. D’autant plus lorsqu’un ver géant sort du ventre de l’homme pour étouffer celui-ci. Les choses se transforment vite en cauchemar et les garçons finissent par enfermer leur chef dans un placard, où les choses iront de mal en pis pour lui. Rapidement, les garçons se rendent compte que le ver géant de l’homme est contagieux. Ils espèrent que leurs parents viendront les sauver, mais ils doivent se rendre à l’évidence lorsqu’ils constatent qu’une tentative de sauvetage provenant de North Point est interrompue par l’armée, qu’aucun adulte ne viendra les aider. L’un des enfants de la troupe n’aurait pu rêver mieux; c’est le terrain de jeu parfait pour lui, resté sur sa faim après avoir tué le chaton de sa famille. Les autres membres de la troupe devront alors louvoyer entre leurs propres démons, leur compagnon diabolique et les monstres qui prolifèrent rapidement sur l’île.

C’est ainsi que les garçons apprendront à connaître ce qu’ils sont réellement au fond d’eux tout en effectuant une sorte de « coming of age ». 

Aussi, le fait que le récit soit entrecoupé de fiches psychologiques de certains des enfants, d’extraits de journaux, de compte rendu d’analyse sur l’expérience, du procès-verbal des interrogatoires illumine le récit sous d’autres angles grâce aux informations pertinentes que cela apporte, tout en permettant de prendre une pause et de faire baisser la pression quand ça devient un peu trop stressant.

L’auteur a su déployer une panoplie de personnages ayant tous des personnalités bien définies et une psychologie vraiment intéressante. Ils ont tous leurs tourments et leurs faiblesses, et ce qui est intéressant, c’est qu’ils en ont une conscience assez aiguë, mais c’est en fait peu crédible. L’opposition adulte-enfant, exploitée tout au long du récit, est également un peu lourde à certains moments, mais c’est un élément inhérent à un tel type de récit.

Un récit horrifiant et dégoûtant, où les clichés sont à leur place, tout indiquer pour les nostalgiques des histoires d’horreur qui se racontent autour d’un feu ou tard le soir lors d’une soirée pyjama.

En plus, le livre est rempli de vers. Beurk!

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