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Secrets de libraires

Sans être aussi mirobolants ou extraordinaires que le secret de fabrication de la pierre philosophale, les libraires ont néanmoins quelques tours dans leur sac, qui seront dévoilés ici! Peut-être certains libraires se sentiront-ils trahis par l’exposition de ces secrets, mais le but  même de ce blogue est de montrer l'envers du décor.

Toujours se fier à la couverture

Contrairement à l’adage populaire, un bon libraire doit bel et bien se fier à la couverture des livres. Évidemment, du bon sens et une base de connaissances sont nécessaires pour cet exercice. D’abord, pour être capable de bien manier ce savoir-faire, il faut posséder quelques connaissances en maisons d’édition, puisque chacune d’elle possède sa ligne éditoriale et la plupart l’affichent distinctement sur leurs couvertures, de par leurs choix de polices, de couleurs ou d’image. La mise en page en dit beaucoup sur un livre aussi, et là encore, les maisons d’édition ont leur ligne éditoriale. Grâce à ces informations et à un peu de jugeote, un bon libraire peut donc rapidement juger d’un livre par la couverture et ainsi conseiller un client, et ce, sans même avoir lu ledit livre.

Un petit truc pratico-pratique

Il s’agit d’un truc pour éviter d’abîmer les livres lorsqu’on les range sur les tablettes, très utile pour le premier et le dernier de la tablette ou lorsque la tablette est pleine à craquer et que décaler les livres n’est pas une option. C’est plutôt simple, en fait : il faut complètement retirer de la tablette le livre limitrophe (question de faire de la place), placer le nouveau livre, qui se trouve à devenir le nouveau livre limitrophe, et remettre le livre retiré à sa place. Plus précisément, s’il faut ajouter un livre complètement au début de la tablette, il faut retirer le livre qui est actuellement le premier de la tablette, placer le nouveau livre, qui devient le premier, et remettre le livre retiré en deuxième place sur la tablette.  C’est sensiblement le même principe lorsque les livres sont très serrés entre eux : sortir partiellement les deux livres encadrant l’emplacement où doit entrer le livre à placer (cela crée un peu d’espace, si l’on veut), placer le livre et remettre les trois livres à leur place, parfois en forçant un peu, malheureusement.

La lecture de la 4e de couverture

Une pratique difficile à maîtriser, nécessitant du multi-tasking et du beau-parlage. En théorie, c’est tout simple : prendre un livre à propos duquel un client nous a interrogés (parce que c’est souvent dans ce cas-là que c’est utile), le placer en angle de façon stratégique, afin que la 4e de couverture soit dans notre champ de vision sans pour autant que ce soit évident. À partir de là, il faut arriver à lire d’un œil tout en citant ce qu’on est en train de lire, sans que ça paraisse. C’est encore mieux si on donne l’impression de connaître le livre dont on parle, en y ajoutant de l’intonation.

Et je vous laisse avec le

Sacro-saint commandement du libraire : regarder l’étiquette 

Plusieurs clients demandent souvent : mais comment arrivez-vous à vous retrouver parmi tous ces livres! Eh bien, notre secret, c’est d’avoir de la méthode : chaque livre est rangé selon un classement rigoureux, en grande partie indiqué sur l’étiquette. De cette façon, nous n’avons qu’à retenir le système de classement général et apprendre les codes, les sections et les sous-sections par cœur. En effet, il serait impensable de demander à tous les employés d’une librairie de se rappeler où ranger chaque livre et de compter sur leur mémoire pour s’assurer du bon classement. Et un livre mal classé est un livre perdu; un livre perdu ne peut être vendu.

 

Tag(s) : #Dossier

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