Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bacigalupi : ses romans et aussi ses idées

J’avais décidé, avant d’écrire un billet, de lire les trois romans publiés en français de Paolo, certaine qu’une grande révélation se présenterait à moi puisqu’ils ont lieu dans le même univers. C’est désormais chose faite, et cette chose me laisse sans révélation particulière, à mon grand dam.

 

Le premier roman (de style biopunk) de Bacigalupi, gagnant de plusieurs prix, est La fille automate.

L’auteur nous plonge d’amblé dans le monde qu’il crée sans introduction particulière. On se retrouve, dès le début, à naviguer entre les mots qu’il a inventés, les mots étrangers, les technologies propres à l’histoire et la nouvelle réalité socio-économique que l’auteur nous laisse deviner petit à petit tout au long du roman. Pour certain, ça peut paraître aride ou confondant (ça l’est un peu au début) et pour d’autres, la plausibilité et la complexité de l’intrigue est un simple délice. C’est dans ce roman que l’auteur établit la réalité sur laquelle ses autres romans sont basés : les eaux ont monté et submergé le monde, ce qui force la population, parfois trop nombreuse, à survivre dans un monde où violences, famine et guerre sont un lot quotidien.

Un amuse-gueule serait de vous dire que l’ère accélérée (qui n’est déjà plus la nôtre) est encore en place. L’histoire est en Thaïlande, un pays s’en sortant bien grâce à son économie basée sur les kilojoules. Une automate génétiquement fabriquée par les compagnies japonaises et abandonnée dans ce pays xénophobe et en guerre idéologique se trouve hébergée par un riche américain en mission pour son entreprise.

 

La suite : Les ferrailleurs des mers

Superbe roman post-apocalyptique. Les lecteurs de science-fiction aimeront savoir que ce livre, bien que conscientisé sur l’environnement et la crainte des conséquences désastreuses qui pourraient survenir si l’humanité ne modifie pas son rapport envers lui, n’est pas un manifeste environnemental, mais bien un roman racontant l’histoire de personnages intéressants auxquels l’on s’attache rapidement. En fait, c’est un mélange de résilience et d’espoir.

Les ferrailleurs travaillent tous les jours sur des bateaux embourbés sur une plage, où ils vivent dans des habitations de fortune. Ils doivent se dépenser jusqu’à l’épuisement afin de ne pas perdre leur place auprès de la compagnie et, par la même occasion, leur pitance. Jusqu’au jour où Nailer tombe sur un Lucky Strike qui l’amène vers un autre, en même temps qu’une jeune fille de riche famille échouée sur une petite île. C’est l’occasion pour lui de saisir sa chance de réaliser ses rêves et de quitter son père, la violence et la place. Mais pas sans ses coéquipiers et l’aide de Tool.

 

L’autre suite : Les cités englouties

Dans ce volet de l’univers que décrit Bacigalupi, celui-ci nous plonge dans les bas-fonds de la guerre et l’animal caché dans l’humain. Et dans l’animal. Paolo nous présente la guerre à travers les yeux de deux petits vers de guerre et d’une machine à tuer génétiquement créée et optimisée pour la guerre. C’est une intrigue portant sur les choix que l’on fait et leurs conséquences, la façon dont ils peuvent nous changer profondément.

C’est l’histoire de Tool et celle de Mahlia et Mouse, qui cherchent leur liberté à travers les factions militaires, la haine des villageois et les valeurs qu’ont tenté d’implanter les détestés Chinois. C’est la démence de la guerre sans politique.

 

On parle de l’auteur (parce qu’il semble être un mec charmant) et de son œuvre

Paolo Bacigalupi emmène à nos rives des thématiques et des inquiétudes différentes de celles qu’on aborde habituellement. J’ai pu constater que l’œuvre de Paolo tourne autour de thèmes similaires : l’inondation du monde, la technologie (surtout la biotechnologie), la consommation débridée, les mutations transgéniques (très présent), les sources d’énergie, ainsi que l’amitié, l’honneur et, surtout, l’espoir.

Il n’a pas peur de dépeindre des personnages commettant des actes vils ou pervers, sans pour autant tomber dans la faciliter et mettre la cause de tous les maux sur leurs dos, de manière grossière, puisqu’ils ne sont en réalité que ce qu’ils sont; des êtres allégoriques de certains traits de société. D’ailleurs, Bacigalupi traite de l’état des choses dans une société, du fait qu’il découle de l’ensemble de ses membres et de décisions, autant communes qu’individuelles.

 

Bémol!

Eh oui, il y en a un. Ce n’est pas la première fois que je constate ça chez J’ai lu, mais il y a des fautes de frappe. Pour certains, c’est pas grand-chose, pour d’autres c’est inacceptable.

Tag(s) : #Roman, #Auteur

Partager cet article

Repost 0